Groove n' vibes

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 1 mars 2008

Baile Funk : favelas do it better

Certains pensent s’éclater en dansant la tecktonik. A Rio de Janeiro, on préfère remuer son popotin dans une des centaines de soirées baile funk qui fleurissent dans la ville tous les week-end. Baile veut tout simplement dire bal en portuguais. Au Brésil, Funk est une extension de language qui désigne les musiques afro-américaines au sens large. Le terme désignait donc initialement plutôt les soirées elle-même que leur couleur musicale.

Lire la suite...

dimanche 11 novembre 2007

Grindie : un cocktail londonien déjanté

Même si, ces dernières années, l’Allemagne ( et Berlin en particulier ) avait plutôt tendance à voler la vedette à l’Angleterre en matière de hype électro et dérivés, il faut bien se garder de penser que Londres est larguée. Bien au contraire ! Le mélange d’univers musicaux aux antipodes l’un de l’autre y reste toujours très fécond.

D’un côté, le grime, ce rap mâtiné d’influences électroniques en provenance directe de l’underground londonien. De l’autre, le rock indie ( ou rock indé comme on dit chez nous ) à la scène particulièrement bouillonnante. Lorsqu’en 2006, les premières mixtapes issues du mélange des deux sont sorties, une étiquette “grindie” a été collée à la hâte sur cet ovni musical. Un “grime-clash”, un peu à l’image de l’électro-clash, rencontre innatendue entre le public “rough” des soirées grime et celui trendy des soirées indie rock. Qui en effet aurait cru que les bad boys de l’East London auraient fricoté avec les dandys trash de l’indie ?

Le grindie est né de featurings et de reprises rock par des artistes issus de grime et du hip-hop en général. On garde donc les beats et le flow rap du grime pour y ajouter des sonorités rock.

L’un des précurseurs de ce mouvement, Marvin the Martian et son groupe Why Lout , se sont fait remarquer avec l’un des premiers titres au son grindie, Stay off the Kane ( reprise du titre rock Emily Kane de Art Brut ) qui débute ce live :

Parmi les rappeurs grime qui ont virés grindie, on peut citer :

  • Statik , 2 extraits issus de sa mixtape “Grindie Volume 1″:

Test Icicles feat Ruff Sqwad & Statik - “Catch It! ” (Jitset remix)

Boa vs Python (feat Lethal B & Fire Camo - Statik’s Totally F***ked Stay Connected mix)

  • Lethal Bizzle ( produit par Statik ) quelques extraits les plus grindie de son album Back To Bizznizz

Babylon’s Burning The Ghetto ( reprise d’un groupe punk The Ruts )

Police is on my back ( une reprise des Clashs )

Bizzle, bizzle

mercredi 26 septembre 2007

Techno minimale : retour aux sources ou renouveau ?

Depuis le début des années 2000, la techno minimale, désignée communément par le terme générique “la minimale“, est devenue l’un des genres majeurs des musiques électroniques actuelles. Ses influences débordent largement son cadre initial et se répandent abondamment dans les autres styles. D’ailleurs, dès qu’un track porte vaguement les marques de ce son, on s’empresse de lui accoler, parfois de manière abusive, l’adjectif “minimale“. Mais que recouvre exactement ce terme ? Les contributeurs de l’article Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Minimal_techno en ont proposé une définition :

Dérivée de la techno traditionnelle, la minimal techno (techno minimale) propose une structure et un champ spectral plus minimaliste. Un tempo plus lent (de l’ordre de 130 bpm ), des variations rythmiques et séquentielles moins fréquentes, une couverture du spectre plus découpée et des basses qui s’étirent en contraste avec des percussions très brèves et aigues sont le propre de ce genre.

Pour des détails plus précis et pointus, vous pouvez consulter l’excellent dossier sur la minimale d’ Une Nuit Sous Influence et notamment l’article “Principes et fondamentaux“.

L’avènement de la minimale, c’est d’abord une réaction aux sons trop riches et à la mauvaise soupe house qui fleurissait dans les années 90, la recherche d’un son plus fin, la mise en exergue des textures musicales, la volonté d’un retour à l’esprit des pionniers de la techno de Detroit. Avec une certaine forme de clubbing de masse, des productions bas de gamme ( de plus en plus facile à fabriquer grâce au développement des homes studios ) joueaint de plus en plus sur un registre de profusion des sons pour masquer sans doute leur manque de créativité. Un grand nombre de titres de minimales à tendance dancefloor s’efforcent au contraire de ne laisser sortir des machines que l’essence du rythme, tout en recherche de beats très sophistiqués. Pas besoin de sortir le grand jeu pour transporter les clubbers. La minimale va chercher le groove là où on ne l’attendait pas. Si la techno a découvert les possibilités des machines capables de créer des transes parfaites, la minimale tente d’aller beaucoup plus loin: créer un nouvel univers rythmique dépouillé mais puissant. Tout en puisant ses inspirations dans la techno des origines, la minimale se veut donc être un renouveau des musiques électroniques.

Nous reviendrons dans une autre chronique sur l’histoire de la minimale. En attendant, voici quelques morceaux souvent considérés comme précurseurs du mouvement. Dans les annéees 90, leurs auteurs sont plutot issus du continent Nord Américain ( Richie Hawtin, Robert Hood, Daniel Bell, … ):

L’Allemagne va ensuite devenir le véritable incubateur de la minimale avec par exemple Maurizio ou Steve Bug :

Références

jeudi 14 juin 2007

Wayne Smith Under me sleng teng : aux origines du ragga

Pendant que les précurseurs de la house sortaient leurs premiers titres en vynils, les compositeurs jamaïcains de dancehall n’étaient pas en reste dans l’exploration des possibilités offertes par les sonorités électroniques des nouveaux instruments. Déjà habitués à des manipulations diverses ( ne sont-ils pas les précurseurs du mix sur vynils … ), ils vont mettre à profit les avancées technologiques des synthétiseurs pour créer un nouveau style.

En 1985, Wayne Smith fit l’acquisition d’un clavier Casio bas de gamme disposant de sons pré-enregistrés à l’intérieur. En ralentissant l’un d’entre eux ( un riff de guitare vaguement inspiré de l’intro du Something Else d’Eddie Cochran), il créé la base rythmique, le riddim ( déformation du mot rhythm ), du morceau Sleng Teng.

Le succès de ce premier riddim entièrement digital est immédiat en Jamaïque et il sera décliné en de multiples versions. D’abord baptisé froidement, “digital reggae”, ce genre musical va rapidement faire des émules, de nombreux titres utilisant désormais des bases entièrement electroniques. Le mot ragga ( contraction de raggamuffin, le petit « glandeur » en argot jamaïcain ) , apposé sur le titre Greetings de Half Pint, désignera finalement le genre.

En se libérant ainsi des contraintes matérielles, il devenait très simple de composer des riddims à partir de matériel même bas de gamme. L’arrivée d’une nouvelle génération de claviers et de synthétiseurs a ainsi permis à la fois se libérer de la nécessité ( parfois coûteuse ) de réunir des musiciens, mais aussi d’enrichir l’univers des sonorités disponibles. D’ailleurs, quel instrument non électronique est capable de produire les lignes de basses puissantes du ragga ? Les amoureux des concerts acoustiques avec des “vrais instruments” soit-disant “authentiques” cherchent encore la réponse …

Wayne Smith - Under me sleng teng( en argot jamaïcain, “Sleng Teng” signifie femme mince ou chanvre qui rend les yeux rouges… )

Le riddim Sleng Teng executé au clavier :

jeudi 8 février 2007

Kuduro

Le Kuduro ( littéralement cul dur en portugais ) est un mélange de house et de musique de carnaval dont le rythme a été accéléré. Né il y a une dizaine d’années en Angola, les transports en communs ont été son principal vecteur et est considéré comme le premier style de musique électronique totalement africain. Les paroles sont soit engagées, soit à connotation sexuelle. La sortie d’une compilation de Frédéric Galliano en novembre 2006, Kuduro Sound System, a attiré l’attention sur ce genre musical.

L’un des titres fondateurs est  Mwana Tchoa de Tony Amado

 Dog Murras Superbo kuduro

Et voici comment se danse le kuduro …


Des extraits de cet article ont permis de contribuer à l'article Wikipedia consacré à ce genre.