Groove n' vibes

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samedi 28 juin 2008

Kraftwerk vs Overproof Soundsystem - The Model

Quand un soundsystem de Birmingham revisite The Model des Kraftwerk, on découvre sa mélodie mythique sous un nouveau jour, qui devient plus envoûtante sous l'effet des orchestrations reggae. Et on se dit que ces reprises reggae de morceaux issues d'autres genres musicaux réservent très souvent de bonnes surprises. On ne peut pas toujours en dire autant des reprises house et techno ...

Overproof Soundsystem - The Model ( Bangers - 2008 )

Vous pouvez écouter la version intégrale et découvrir leurs autres titres sur leur myspace.

http://www.myspace.com/overproofsoundsystem

Redécouvrons l'original sous forme d'une vidéo inspirée d'un concert de Kraftwerk ...

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jeudi 12 juin 2008

Santogold à la sauce Nueva Cumbia

Quand un DJ producteur de Mexico, Toy Selectah passe à la moulinette Nueva Cumbia le tube de Santogold, Shove It, ça donne ceci :

Shove It- Santogold (Toy Selectah Refix A)

Les métissages musique tradi - ghetto music - électro sont-ils le réservoir de créativité du futur ?

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vendredi 15 février 2008

A number of names - Sharevari

Le début des années 80 a plutôt été un cauchemar pour la disco. Attaquée et décriée de toute part ( “disco sucks!” ), elle a été victime entre autre de productions bas de gamme sorties au kilomètre dans les années 70. Mais, en se transformant et en se nourissant d’autres styles, elle est devenue une des influences majeures de la house et de la techno.

Titre electro-disco mutant, Sharevari en est un excellent exemple. Composé en 1981 par deux lycéens de Detroit, Paul Lesley et Sterling Jones, ce titre est surprenant car tout en reprenant les codes de la disco ( le beat, l’intonation de la voix, …), d’autres sonorités plus électro semblent l’en éloigner. Une sorte de disco à la “detroyenne”, froide et puissante. Une page musicale se tourne et les évolutions futures se profilent. Sharevari se dispute d’ailleurs le titre de premier disque techno ou proto-techno de l’histoire avec le Alleys of your mind de Cybotron, quant à lui très éloigné de l’univers disco.

Sharevari est issu du nom d’un club de Detroit, Charevari où une pré-version y fut même diffusée. Remarqué lors de sa diffusion, Paul et Sterling furent invité à le présenter au mythique show radio de The Electrifying Mojo ( où, selon la légende, le nom de leur groupe, A number of names, fut choisi ). Soutenu par les DJs de la scène locale, le titre, sorti sur un label créé spécialement pour l’occasion, Cappricio, rencontra le succès bien que tiré à quelques centaines d’exemplaires seulement.

A noter que ce titre s’inspire largement d’un titre italo-disco de 1980, Holly Dolly du groupe italien Kano

A number of Names - Sharevari ( Cappricio - 1981 )

Kano -Holly Dolly ( 1980 )

Cybotron - Alleys of your name( Deep Space Records - 1981 )

Et voici comment les kids de Detroit dansaient sur Sharevari ...

dimanche 10 février 2008

Octave One - Black Water

La simple écoute d’un track permet parfois de deviner l’endroit et même la ville où il a été produit. Les “ça sonne anglais, allemand, londonien ou berlinois” font partie des conversations de café du commerce des amateurs de musiques électroniques. A ce jeu risqué, on est souvent perdant. Mais Blackwater pourrait nous permettre de toucher le ticket gagnant. Le début du morceau, envolées lyriques de violons, nous fait douter. Mais la deuxième minute trahi la patte de la Motor City …

Octave One, groupe formé par les frères Burden, n’est pas directement issu de l’écurie Underground Resistance, bien que des productions de Mad Mike soient sorties sur leur label 430 West ainsi que quelques co-productions avec ce label.

Avec le Knights of the Jaguar et le Quetzal sortis à la même époque et produits justement par des membres du collectif Underground Resistance

The Aztec Mystic ( aka DJ Rolando ) - Knights Of The Jaguar ( EP - UR - 1999 )

Black Water est un peu l’emblème de la revanche de Detroit au tournant des années 2000. En effet, même si la production n’y avait jamais cessé tout au long des années 90, la vague house et techno ayant déferlé sur le monde avait fait un peu d’ombre à la ville pionnière. Blackwater prouve que la flamme ne s’était jamais vraiment éteinte. Une mélodie qui exprime de façon si particulière cette mélancolie urbaine servie par des rythmiques brutes mais soignées. Tout en évoluant vers des sonorités renouvellées et plus contemporaines par rapport à la techno des débuts sans renier les fondements. Bref, une alchimie souvent imitée mais en n’approchant que très rarement la force de l’original.

vendredi 18 janvier 2008

Delon & Dalcan - Academy : combat humain-machine ?

Vous avez pesté contre cette imprimante qui ne fonctionnait pas. Et votre ordinateur qui n’en finit pas de vomir ces bips à la signification énigmatique. Finalement, notre vie d’homo-modernus pourrait être comparée à une lutte quotidienne et parfois sans merci avec toutes ces machines qui ont envahi notre quotidien. Le track Academy semble nous replonger dans cet univers. Mais dans une veine finalement plus étouffante voire inquiétante.
Le morceau s’ouvre sur un ton assez solennel. Quelque chose semble s’annoncer. Puis vient cette voix déstructurée et étreinte en forme de complainte. On comprend vite qu’elle est au prise avec quelque chose. C’est ce “bip” stridant qui nous fait penser qu’il pourrait s’agir d’une de ces machine-outil en panne voire en colère… Puis, la lutte continue, avec ces sonorités rappelant à souhait l’univers machinique. Dans ce morceau, la voix n’est jamais vraiment humaine alors que les mélodies mécaniques semblent doter ces machines d’une forme de conscience implacable.

La musique électronique n’est-elle pas ici et comme souvent un moyen de peindre et de conjurer notre quotidien qui ressemble de plus en plus à un roman d’anticipation ?

Voici deux extraits :

Delon & Dalcan - Academy 1er extrait

Delon & Dalcan - Academy 2eme extrait

lundi 24 décembre 2007

Davina - Don’t you want it

Davina. Ce nom pourrait volontiers évoquer une star en toc aux heures de gloires passées. Il s’agit en fait d’une chanteuse de R&B, Davina Bussey. Un nom délibérement oublié, une photo absente de la pochette. Don’t you want it, titre produit par Mad Mike, l’un des membres fondateurs d’Underground Resistance, porte bien la volonté d’anonymat de ce collectif farouchement opposé au star-system.

Initialement sorti sur Happy Records ( sous-label d’Undergound Resistance, orienté house et deep house ), il s’agit bien d’un classique “detroyen”. Une première partie totalement instrumentale jusqu’au milieu du morceau soutenu par une ligne de basse légendaire, puis une voie soulful empreinte de mélancolie.

Un titre majeur qui a marqué l’histoire de la house.

Davina - Don’t you want it

Double Exposure - Ten Per Cent : premier maxi de l’histoire du djing

Dans les années 70, certains DJs commencent à remixer des morceaux en allongeant leurs durées tout en les restructurant pour mieux les adapter aux pistes de danses.

Mais comment enregistrer ces morceaux à rallonge ? Le maxi-single, qui permet de faire tenir jusqu’à 15 minutes de musique sur une seule face, s’imposera vite comme la solution adaptée à ces créations singulières.

L’un de ces DJs remixeurs, Walter Gibbons, sortira en 1976 une version de Ten Percent de Double Exposure qui deviendra le premier “maxi” commercialisé chez les disquaires. Dès lors, le “maxi” restera le format par excellence des dancefloors et traversera les époques sans prendre de rides.

Ten Per Cent - Double Exposure

vendredi 12 octobre 2007

Holger Czukay Rolf Dammers - Canaxis : total sampling

Même si le sample n’est pas l’apanage des musiques électroniques, elles ont jouées un rôle important dans le développement de cette technique. L’idée même de sample a été développée dans d’autres styles musicaux ( y compris la musique classique ) car elle n’est pas directement liée à la notion d’instrument. Mais, c’est le perfectionnement et la simplification des techniques d’enregistrement ainsi que, plus tard, l’apparition des séquenceurs qui va fournir à cet art toutes les moyens de pouvoir se développer.

Holger Czukay ( co-fondateur du groupe précurseur du krautrock Can et qui fût l’élève de Stockhausen, grand compositeur de musique électroacoustique) et Rolf Dammers n’ont pas attendu d’être équipés de machines à sampler pour réaliser, dès 1968, un des premiers albums entièrement construits à partir de samples, Canaxis. Ce projet singulier est composé de 3 titres, dont deux d’une durée de plus de 15 minutes. Boat-Woman-Song donne un aperçu intéressant de cet ovni musical en avance sur son temps.

Le morceau débute par un extrait d’une musique du moyen âge d’Adam de la Halle puis boucle ensuite sur une vocalise qui restera la trame de fond tout au long du morceau. Puis surgissent de nulle part des voix de chants vietnamiens. Le sample force ici une alliance inattendue entre l’orient et l’occident et nous fait sortir des sentiers battus en permettant des associations sonores auxquelles certaines normes esthétiques s’opposaient parfois. Il permet de puiser à sa guise dans la mémoire musicale des extraits sonores et les mettre en valeur dans un contexte parfois totalement éloigné. La vocalise initiale, très sobre, finit par se transformer en une sorte de proto-rythme expérimental, véritable trame de fond du morceau. On est encore loin des beats obsédants des musiques électroniques. Mais, l’idée est déjà là: créer un rythme à partir du non rythme.

Le début Boat-Woman-Song

Un autre extrait

Détourner l’usage initial d’un titre en se jouant des conventions établies. Surprendre en faisant découvrir que derrière ce qui nous paraît banal peut en fait se cacher quelque chose de novateur. Découvrir sous un nouveau jour ce qui nous est familier. C’est ce que les producteurs contemporains ne se privent pas de faire en utilisant des samples aux origines pour le moins étonnantes.

samedi 15 septembre 2007

Throbbing Gristle - Hot on the Heels of Love

Pour une fois, débutons cette chronique par cet extrait musical :

Hot on the Heels of Love

Alors, electro-clash contemporain ou electro-pop technoïde ? Petit indice. Ce titre est sorti en 1979. La deuxième solution semble alors être la meilleure. Ce qui surprend à l’écoute de ce morceau, c’est cette texture sonore somme toute très actuelle. De nos jours, un Dj pourrait même oser l’inclure dans son set sans provoquer d’émoi particulier.

Hot on the Heels of Love reste l’un des titres les moins expérimentaux de l’album 20 Jazz Funk Greats. Il fournit un aperçu intéressant de ce groupe protéiforme qu’est Throbbing Gristle, à la fois acteurs de performances scéniques volontairement provocatrices ( leur biographie Wikipedia fournit des détails ce sujet ) et architectes sonores pionniers de la musique industrielle. Ce genre musical va jouer un rôle déterminant dans l’évolution des musiques électroniques. En grossissant le trait, on peut dire que c’est le versant électronique de la punk avec l’idée de casser le monde un peu trop rangé qu’était devenu le rock. Mais surtout, c’est ce mouvement qui va faire entrer les machines dans la musique pop pour devenir une influence majeure de la new wave et de la cold wave.

En avance sur son temps, Hot on the Heels of Love donne le ton et annonce déjà la déferlante techno. Tous les éléments sont là: beat régulier et obsédant, voix à la fois inquiétante et sensuelle, et surtout utilisation radicale et sans concession des synthés et des machines qui crachent leurs rages. L’électronique commençait à bousculer une pop music devenue trop sage.

Quelques années plus tard, un autre groupe anglais, New Order, bouleversera la pop avec son Blue Monday, en filiation directe avec le titre dont il est question dans cette chronique.

Un autre titre des Throbbing Gristle, Discipline, dans un live punk-electro: un mélange détonnant avec un beat aux accents techno

Références :

Biographie Throbbing Gristle

Musique industrielle

samedi 1 septembre 2007

Steve Reich - It’s gonna rain, Lil’ Mo’ Yin Yang - Reach : un rapprochement inattendu …

La voix a toujours joué un rôle particulier dans les musiques électroniques. Au delà du chant ou de la simple vocalise, elle est utilisée comme un véritable instrument de musique à part entière. Même si ce procédé ne date pas d’hier ( par exemple, certains masques africains sont sculptés de manière à déformer la voix de celui qui les portent lors de cérémonies traditionnelles ), les progrès technologiques ont permis de pousser cette logique beaucoup plus loin. Les précurseurs des musiques électroniques ont très vite détourné les moyens de reproduction sonore dont ils disposaient ( magnétophones, bandes magnétiques, … ) pour créer des sons nouveaux à partir de la voix.

On retrouve ces expérimentations dans un courant de musiques contemporaine, le minimalisme, qui fit son apparition au début des années 60 aux Etats-Unis. Bien avant que le sampler existe, Steve Reich, l’un des représentants de ce mouvement, utilisa une technique dite de “décalage de phases”, pour construire de nouvelles sonorités à partir de voix. Il superposa deux bandes magnétiques contenant des boucles sonores identiques en les décalant progressivement l’une par rapport à l’autre. C’est cette technique fut utilisée pour la création du séminal It’s gonna rain ( 1965 ). Basé sur l’enregistrement vocal du sermon d’un prêtre ( au sujet de l’arche de Noé d’où le titre !! ), il s’étire sur plus de 17 minutes. Le passage contenant “It’s gonna rain” donne un excellent aperçu de cette pièce : la phrase “it’s gonna rain” , par le biais d’une évolution de figures répétitives, s’étale subtilement sur plusieurs secondes passant du “it’s gonna” à “rain”.

Extrait de It’s gonna rain ( 1965 )

Trente ans plus tard, en 1995, le duo Louie Vega ( l’une des moitiés des Masters at Work ) et Eric Morillo ( qui se cachait derrière le “I like to move it” de Reel II Real) sort le titre Reach sous le pseudo Lil’ Mo’ Yin Yang, un carton dans les clubs très caractéristique des productions house de l’époque. L’une des vocalises qui ponctue l’ensemble du morceau reste au début très énigmatique. On semble vaguement deviner un “gruik” ( remarquer d’ailleurs la similitude avec la fin de l’extrait de It’s gonna rain ci-dessus !! ). Mais, à l’instar de certains tableaux d’art contemporain, chacun pourrait l’interpréter à sa manière. Les auteurs jouent à fond avec cette voix: étirements successifs, boucles de plus en plus saccadées, etc … Elle devient un intrument de musique à part entière qui s’entrelace et se fond complètement avec les autres sons issus eux de synthétiseurs. Puis, au milieu du morceau, la voix, qui semblait jusqu’alors contrainte, se libère dans un jouissif fatras de sirènes stridentes et des rythmes accélérés pour nous laisser deviner le bout de phrase samplé: le banal pronom “We” tiré d’un “We’ve got the love”.

La house et la techno peuvent fournir moultes exemples de l’utilisation de ce procédé. Et c’est grâce aux samplers dont ils disposent que nos deux compères ( et bien d’autres ! ) ont pu à ce point jouer avec cette voix ( et tout particulièrement ce “we” ) et la triturer comme ils le désiraient. L’évolution technologique qu’a été le sampler a facilité l’expression d’une créativité et d’une imagination musicale que les bandes magnétiques contraignaient encore trop.

Extrait de Reach ( 1995 )

En savoir plus sur la musique minimaliste : http://neospheres.free.fr/minimal/intro.htm

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