Le début des années 80 a plutôt été un cauchemar
pour la disco. Attaquée et décriée de toute part ( “disco sucks!” ), elle a été
victime entre autre de productions bas de gamme sorties au kilomètre dans les
années 70. Mais, en se transformant et en se nourissant d’autres styles, elle
est devenue une des influences majeures de la house et de la techno.
Titre electro-disco mutant, Sharevari en est un excellent exemple. Composé en 1981 par deux lycéens de Detroit, Paul Lesley et Sterling Jones, ce titre est surprenant car tout en reprenant les codes de la disco ( le beat, l’intonation de la voix, …), d’autres sonorités plus électro semblent l’en éloigner. Une sorte de disco à la “detroyenne”, froide et puissante. Une page musicale se tourne et les évolutions futures se profilent. Sharevari se dispute d’ailleurs le titre de premier disque techno ou proto-techno de l’histoire avec le Alleys of your mind de Cybotron, quant à lui très éloigné de l’univers disco.
Sharevari est issu du nom d’un club de Detroit, Charevari où une pré-version y fut même diffusée. Remarqué lors de sa diffusion, Paul et Sterling furent invité à le présenter au mythique show radio de The Electrifying Mojo ( où, selon la légende, le nom de leur groupe, A number of names, fut choisi ). Soutenu par les DJs de la scène locale, le titre, sorti sur un label créé spécialement pour l’occasion, Cappricio, rencontra le succès bien que tiré à quelques centaines d’exemplaires seulement.
A noter que ce titre s’inspire largement d’un titre italo-disco de 1980, Holly Dolly du groupe italien Kano
A number of Names - Sharevari ( Cappricio - 1981 )
Kano -Holly Dolly ( 1980 )
Cybotron - Alleys of your name( Deep Space Records - 1981 )Et voici comment les kids de Detroit dansaient sur Sharevari ...
La simple écoute d’un track permet parfois de
deviner l’endroit et même la ville où il a été produit. Les “ça sonne anglais,
allemand, londonien ou berlinois” font partie des conversations de café du
commerce des amateurs de musiques électroniques. A ce jeu risqué, on est
souvent perdant. Mais Blackwater pourrait nous permettre de toucher le
ticket gagnant. Le début du morceau, envolées lyriques de violons, nous fait
douter. Mais la deuxième minute trahi la patte de la Motor City …
Vous avez pesté contre cette imprimante qui ne
fonctionnait pas. Et votre ordinateur qui n’en finit pas de vomir ces bips à la
signification énigmatique. Finalement, notre vie d’homo-modernus pourrait être
comparée à une lutte quotidienne et parfois sans merci avec toutes ces machines
qui ont envahi notre quotidien. Le track Academy semble nous replonger
dans cet univers. Mais dans une veine finalement plus étouffante voire
inquiétante.
Davina. Ce nom pourrait volontiers évoquer une star
en toc aux heures de gloires passées. Il s’agit en fait d’une chanteuse de
R&B, Davina Bussey. Un nom délibérement oublié, une photo absente de la
pochette. Don’t you want it, titre produit par Mad Mike, l’un des
membres fondateurs d’
Dans les années 70, certains DJs commencent à
remixer des morceaux en allongeant leurs durées tout en les restructurant pour
mieux les adapter aux pistes de danses.